Nadia Murad, Prix Nobel de la paix 2018
26 ans, Irak

Nadia Murad faisait partie des milliers de femmes yazidies qui ont été enlevées, violées et réduites en esclavage par l’Etat Islamique autoproclamé (EI) en 2014. Elle avait alors 21 ans. Au cours de sa captivité, Nadia Murad a été détenue et vendue comme esclave sexuelle sur différents sites de l’EI avant de finalement réussir à s’échapper.

Nadia Murad a depuis mené une intense campagne pour attirer l’attention des gouvernements sur le sort des Yazidis, notamment celui des femmes maintenues en esclavage sexuel.

En décembre 2015, elle implorait le Conseil de sécurité́ des Nations unies d’intervenir contre l’Etat islamique et devint ambassadrice de bonne volonté des Nations unies pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains, le 16 septembre 2016. Cette même année, Nadia Murad a reçu le Prix Václav Havel du Conseil de l’Europe pour les droits de l’homme et le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Elle a également reçu le Prix Clinton du citoyen du monde et le Prix de la Paix de l’Association espagnole pour les Nations Unies. En 2018, Nadia Murad a été co-récipiendaire du prix Nobel de la paix avec le Dr. Denis Mukwege Mukengere.

Nadia Murad est la fondatrice et présidente de la Nadia’s Initiative, qui se consacre à la reconstruction des communautés en crise et à la défense des droits des victimes de violence.

ACTIVISTES

Memory Banda
23 ans, Malawi

Memory Banda est une militante malawienne des droits de l’enfant qui a attiré l’attention de la communauté internationale pour son travail contre les mariages précoces et forcés. Son plaidoyer a contribué à changer les attitudes des chefs traditionnels et même la loi de son pays : sa campagne a contribué à faire porter l’âge légal minimum du mariage de 15 à 18 ans.

Memory Banda est membre du Pan African Young Speakers and Activists et membre du Freedom Speakers Bureau sous l’égide de la Human Rights Foundation (HRF). Elle est également reconnue comme gardienne d’objectifs pour les objectifs mondiaux (global Goals) par la Fondation Gates.

Memory Banda a rejoint alors la campagne pour mettre fin aux mariages d’enfants dans sa communauté par le biais du « Girls’ Empowerment Network » (GENET) et de » RiseUp » (Let Girls Lead, organisation internationale américaine). Elle a mobilisé ses amies pour dénoncer les traditions iniques et les mariages précoces. Grâce à cela, sa communauté a été la première au Malawi à interdire les mariages d’enfants et les camps d’initiation sexuelle. En quelques années, Memory Banda est devenue l’un des visages de la révolution contre le mariage des enfants et pour l’autonomisation des filles au Malawi et en Afrique. En 2015, Memory Banda a rejoint la campagne du mouvement national pour faire passer l’âge légal du mariage de 15 à 18 ans. Le projet de loi a été approuvé avec succès le 14 février 2017.

Grâce à son travail inlassable de défense des droits des filles, Memory Banda joue un rôle déterminant dans la résolution des problèmes qui affectent le bien-être des filles au Malawi. En 2018, Memory Banda a fondé la “Foundation 4 Girls Leadership”.
F4GL offre des formations aux filles et favorise leur accès à l’éducation. La fondation travaille également à renforcer les droits des filles et à leur donner accès à des services de santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’à mettre fin aux mariages précoces.

Pour en savoir plus à propos de la Foundation 4 Girls Leadership

Amy & Ella Meek
14 et 16 ans, Royaume Uni

Amy et Ella Meek sont les fondatrices de la campagne et de l’association « Kids Against Plastic », un projet d’action sociale pour les jeunes qui s’attaque à l’un des plus grands problèmes environnementaux du monde – la pollution plastique. Les deux sœurs Amy et Ella Meek travaillent avec des jeunes, des écoles et des entreprises. Ella, 14 ans, a sa propre émission sur Sky Kids.

Les deux sœurs ont fondé « Kids Against Plastic » début 2016, lorsqu’elles ont découvert pour la première fois l’impact dévastateur du plastique sur l’environnement. A l’époque, elles étaient scolarisées à la maison par leurs parents et voyageaient à travers l’Europe pour étudier les Objectifs de Développement Durable de l’ONU (ODD). L’un des 17 objectifs a tout particulièrement intéressé Amy et Ella Meek, celui qui préconise de protéger la vie sous-marine, et c’est par ce biais qu’elles ont découvert les dégâts provoqués par la pollution plastique. C’est l’ampleur du problème, et le manque d’options pour les gens qui voudraient avoir des habitudes plus durables, c’est-à-dire non polluantes, qui les ont le plus choquées. Ce constat les a motivées à passer à l’action.

Près de 4 ans après cette décision, ce qui a débuté par un petit projet scolaire est devenu un organisme de bienfaisance officiel : « Kids Against Plastic » (les jeunes contre le plastique). Répondant à leur appel, des jeunes ont ramassé près de 70’000 morceaux de plastique à usage unique. L’objectif d’Amy et Ella Meek est de collecter 100’000 déchets plastiques, c’est-à-dire un déchet pour chaque mammifère marin tué annuellement par le plastique.

Amy et Ella Meek se concentrent actuellement sur leur programme « Plastic Clever », un programme de récompense positive encourageant une utilisation plus judicieuse du plastique à usage unique. Jusqu’à présent, plus de 50 cafés- restaurants, entreprises et entités publiques ont adhéré à ce programme, ainsi que plus de 470 écoles. Pour en savoir plus à propos de Kids Against Plastic.

Hamangaí Pataxó
22 ans, Brésil

Hamangaí Pataxó milite pour le droit des peuples autochtones et la protection de la nature. Hamangaí Pataxó a grandi dans l’état de Bahia et est confrontée à la lutte de son peuple – les Pataxós Hã-hã-hae – pour leurs terres. Sa région est prisée par de grands projets de développement.

Hamangaí Pataxó enseigne leurs droits aux communautés indigènes. Elle s’implique dans des programmes de reforestation et milite en tant que coordinatrice nationale au sein d’Engajamundo, une ONG de jeunes.

Hamangaí Pataxó s’est rendue à la COP24 en Pologne en 2018, elle faisait partie de la délégation d’Engajamundo. En 2019 elle a participé au Villagio per la Terra à Rome, elle y a parlé de l’Amazonie et de l’importance de protéger les peoples qui y vivent. Cet événement était suivi par des jeunes et une délégation de l’Union Européenne.

Hamangaí Pataxó a pris part au III Acampamento dos Povos Indígenas da Bahia (3e camp des peoples indigènes de Bahia) au cours duquel elle a élaboré un agenda pour défendre les territoires autochtones, pour protéger les droits des femmes indigènes – y compris leur accès à l’université – et pour combattre la crise climatique.

Pour en savoir plus à propos de l’ONG Engajamundo

Rebecca Kabuo (aussi appelée Kabugho ou Kavugho)
25 ans, République Démocratique du Congo

Rebecca Kabuo est une activiste congolaise, Elle fait partie de la LUCHA (Lutte pour le changement), un mouvement non violent et non partisan fondé par des jeunes. La LUCHA mène campagne pour le respect de la démocratie et de la Constitution en RDC.

Rebecca Kabuo et la LUCHA militent pour la justice sociale et la responsabilisation des autorités par le biais de campagnes qui encouragent les citoyens congolais à se mobiliser pour la promotion et le respect des droits humains.

La LUCHA et ses membres ont joué un rôle essentiel en organisant l’appel de la société civile à respecter les lois et les droits humains en RDC. Ils ont milité pour une transition pacifique du pouvoir politique.

Lorsqu’elle a été détenue pendant 6 mois, Rebecca Kabuo a été décrite sur les réseaux sociaux comme la plus jeune prisonnière de conscience au monde.
Elle a reçu le prix international des femmes de courage (International Women of Courage Award) en 2017 et continue de militer activement pour le respect de la démocratie et de la Constitution.

Pour en savoir plus à propos de LUCHA